La division immobilière connaît un essor considérable à Marseille. Face à la baisse du pouvoir d’achat immobilier et à la demande croissante de petits logements, diviser un bien devient une stratégie de valorisation incontournable. Que vous soyez propriétaire d’une grande maison en périphérie ou d’un immeuble dans le centre-ville, cette pratique peut multiplier la valeur de votre actif. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la division immobilière à Marseille : réglementation, faisabilité technique, rentabilité et démarches administratives.
Qu’est-ce que la division immobilière ?
Définition et principes
La division immobilière consiste à créer plusieurs lots indépendants à partir d’un bien unique. Cette opération peut prendre plusieurs formes : division d’une maison en plusieurs appartements, division d’un appartement en studios, ou division parcellaire pour créer plusieurs terrains constructibles.
L’objectif est double : répondre à la demande du marché pour des logements plus petits et plus accessibles, tout en optimisant la rentabilité du bien. À Marseille, où le parc immobilier ancien est important, la division permet de remettre sur le marché des biens adaptés aux nouvelles typologies familiales.
Les différents types de division
La division verticale concerne principalement les maisons individuelles transformées en plusieurs appartements sur différents niveaux. Chaque lot dispose de son accès indépendant, de ses propres compteurs et de ses équipements privatifs.
La division horizontale s’applique aux grands appartements séparés en plusieurs unités de vie sur le même niveau. Cette configuration est fréquente dans les immeubles haussmanniens marseillais où les surfaces permettent de créer deux, voire trois appartements.
La division parcellaire consiste à morceler un terrain pour créer plusieurs parcelles constructibles. Très courante dans les quartiers périphériques de Marseille comme Plan-de-Cuques ou Allauch, elle permet de valoriser les grandes propriétés avec jardin.
La réglementation à Marseille
Le Plan Local d’Urbanisme (PLU)
Avant toute opération de division à Marseille, consultez le PLU auprès du service urbanisme de la mairie. Ce document définit les règles applicables selon les zones : coefficient d’emprise au sol, hauteur maximale, distances par rapport aux limites séparatives, nombre de places de stationnement requises.
Certains secteurs marseillais sont classés en zones protégées ou en périmètres de sauvegarde, notamment dans le centre historique. Les contraintes y sont plus strictes et nécessitent parfois l’aval de l’Architecte des Bâtiments de France.
Les autorisations nécessaires
Une déclaration préalable de travaux est obligatoire dès lors que la division modifie l’aspect extérieur du bâtiment ou crée de nouvelles ouvertures. Si les travaux sont plus importants (modification de structure, création de surface supérieure à 20m²), un permis de construire sera exigé.
Pour diviser un lot en copropriété, l’accord de l’assemblée générale des copropriétaires est généralement requis, voté à la majorité. Cette étape peut prendre plusieurs mois et nécessite de convaincre les autres copropriétaires de l’intérêt du projet.
Les normes techniques à respecter
Chaque nouveau logement créé doit respecter des normes minimales d’habitabilité : surface minimum de 9m² avec une hauteur sous plafond de 2,20m minimum, accès à la lumière naturelle, ventilation suffisante. Ces critères sont définis par le Règlement Sanitaire Départemental.
Les normes électriques (NF C 15-100) et de plomberie doivent être scrupuleusement respectées. Chaque logement doit disposer de ses propres compteurs d’eau et d’électricité, impliquant des démarches auprès d’Enedis et du fournisseur d’eau.
L’accessibilité PMR (Personnes à Mobilité Réduite) peut être exigée selon la configuration et la date de construction de l’immeuble. Renseignez-vous précisément sur ces obligations qui peuvent impacter significativement votre budget.
Évaluer la faisabilité technique
L’analyse structurelle
Avant de vous lancer, faites réaliser un diagnostic structurel par un bureau d’études. À Marseille, compte tenu de l’ancienneté du bâti et des problématiques sismiques, cette étape est cruciale. L’expert évaluera la solidité des murs porteurs, la qualité des planchers et la faisabilité des modifications envisagées.
Les arrêtés de péril, fréquents à Marseille depuis 2018, peuvent bloquer toute opération de division tant que les travaux de mise en conformité ne sont pas réalisés. Vérifiez systématiquement l’absence d’arrêté en consultant le registre de la mairie.
Les contraintes de réseaux
L’évacuation des eaux usées constitue souvent un point bloquant dans les projets de division. Les canalisations existantes déterminent l’emplacement possible des salles de bain et toilettes. Éloigner ces pièces d’eau des évacuations principales génère des coûts importants et n’est parfois pas techniquement réalisable.
Le système de chauffage doit également être repensé. Les anciennes chaudières collectives au gaz ou au fioul ne peuvent être partagées entre plusieurs lots. Vous devrez installer des systèmes de chauffage individuels dans chaque logement créé, ce qui représente un investissement conséquent.
Les raccordements électriques nécessitent l’intervention d’Enedis pour créer de nouveaux points de livraison. Anticipez ces démarches qui peuvent prendre plusieurs semaines et budgétez les coûts de raccordement.
L’accès et la circulation
Chaque logement créé doit disposer d’un accès indépendant et sécurisé. Dans une maison divisée verticalement, cela implique souvent de créer une entrée séparée et un escalier privatif, ou d’aménager les accès existants.
Les parties communes doivent être clairement définies et entretenues. Si vous créez une copropriété, un règlement devra préciser les droits et obligations de chacun concernant l’utilisation des espaces partagés (jardin, cour, local vélos).
Calculer la rentabilité de l’opération
Estimer les coûts
Le coût d’une division immobilière à Marseille varie considérablement selon l’ampleur du projet. Pour une division simple d’une maison en deux appartements, comptez entre 30 000€ et 80 000€ de travaux. Une division plus complexe d’un immeuble peut atteindre 150 000€ à 300 000€.
Les postes de dépenses incluent : les travaux de gros œuvre (création d’ouvertures, cloisonnement), la plomberie et l’électricité (installation de nouveaux compteurs, réseaux), la menuiserie (portes, fenêtres), les revêtements (sols, peinture), les équipements (cuisine, salle de bain).
Ajoutez les frais annexes : honoraires d’architecte ou maître d’œuvre (8 à 12% du montant des travaux), frais de notaire pour la modification du règlement de copropriété, diagnostics techniques obligatoires, assurances, et taxe d’aménagement.
Évaluer le gain de valeur
La division génère généralement une plus-value significative. À Marseille, une maison de 150m² valant 350 000€ peut, une fois divisée en trois appartements de 50m² chacun, se revendre globalement entre 450 000€ et 550 000€ selon le quartier et la qualité des prestations.
Cette plus-value s’explique par le fait que les petites surfaces se valorisent mieux au m² que les grandes. Un T2 de 45m² se vend proportionnellement plus cher au m² qu’une maison de 150m².
Attention toutefois aux spécificités locales : un bien divisé dans le 6ème arrondissement de Marseille ne se valorisera pas comme un bien équivalent dans le 15ème. Analysez finement les prix de marché de votre secteur.
Calculer le retour sur investissement
Pour mesurer la pertinence de votre projet, calculez le ROI (Return On Investment). La formule est simple : (Valeur après division – Valeur initiale – Coûts totaux) / Coûts totaux x 100.
Un projet rentable devrait dégager une marge nette d’au moins 20 à 30% après tous les frais. En dessous, le jeu n’en vaut probablement pas la chandelle compte tenu des risques et des délais.
Intégrez également le facteur temps dans votre calcul. Une opération qui dure 18 mois génère des coûts de portage (charges, taxe foncière, intérêts d’emprunt) qui grèvent la rentabilité. Visez un délai de réalisation et de commercialisation inférieur à 12 mois.
Les étapes d’un projet de division réussi
Phase 1 : Étude de faisabilité
Commencez par une analyse approfondie de votre bien. Consultez les documents d’urbanisme, le règlement de copropriété si applicable, et faites réaliser une étude technique. Rencontrez un architecte ou un professionnel de la division immobilière pour valider la faisabilité.
Établissez plusieurs scenarii de division avec des estimations de coûts et de valeur finale pour chaque option. Cette phase exploratoire vous permettra de choisir le projet le plus rentable.
Phase 2 : Montage financier et administratif
Une fois le projet validé, constituez votre plan de financement. Si vous empruntez, préparez un dossier solide avec business plan, devis détaillés et estimation de revente. Les banques marseillaises financent ce type d’opération à condition que le dossier soit professionnel.
Lancez en parallèle les démarches administratives : demande d’autorisation d’urbanisme, consultation des copropriétaires si nécessaire, demandes de devis auprès d’artisans qualifiés.
Phase 3 : Réalisation des travaux
Supervisez attentivement le chantier pour éviter les dérives de coûts et de délais. Un planning précis avec des jalons permet de suivre l’avancement et d’anticiper les problèmes.
À Marseille, les chantiers dans l’ancien réservent parfois des surprises : problèmes d’humidité, structures défaillantes, réseaux vétustes. Gardez une marge budgétaire de 10 à 15% pour ces imprévus.
Phase 4 : Commercialisation
Dès que les travaux sont suffisamment avancés, lancez la commercialisation. Des visites sur plan ou en cours de chantier peuvent accélérer les ventes. Soignez la présentation : photos professionnelles, plans détaillés, descriptifs précis des prestations.
Selon votre stratégie, vous pouvez vendre en bloc à un investisseur, à l’unité à des particuliers, ou mixer les deux approches. Le marché marseillais offre une demande soutenue pour les petites surfaces bien situées et rénovées.
Les quartiers marseillais propices à la division
Le centre-ville (1er, 2e, 6e arrondissements)
Les immeubles haussmanniens du centre offrent un potentiel de division intéressant. Les grands appartements de 100 à 150m² peuvent être transformés en deux ou trois unités. La demande locative et à l’achat y est forte, notamment de la part des jeunes actifs et des étudiants.
Attention toutefois aux contraintes patrimoniales et aux règles de copropriété souvent strictes dans ces secteurs. Les coûts de rénovation sont également plus élevés compte tenu des exigences esthétiques.
Les quartiers périphériques (9e, 12e, 13e)
Les zones pavillonnaires comme Mazargues, Saint-Barnabé ou Les Olives regorgent de maisons avec terrain idéales pour la division. Ces propriétés, souvent héritées, sont parfois sous-exploitées. Leur transformation en plusieurs logements répond à la demande locale et valorise significativement le foncier.
Les contraintes y sont généralement moins lourdes qu’en centre-ville, et les coûts de travaux plus maîtrisés. C’est un terrain de jeu privilégié pour les marchands de biens débutants.
La zone Aix-Marseille-Aubagne
Au-delà de Marseille stricto sensu, la zone élargie incluant Aix-en-Provence, Aubagne et les communes intermédiaires offre de belles opportunités. Le dynamisme économique et démographique de ce territoire garantit une demande immobilière soutenue.
Les villas en périphérie, souvent sur de grands terrains, se prêtent parfaitement aux opérations de division parcellaire ou de transformation en petits collectifs.
Les pièges à éviter
Négliger l’étude de marché
Diviser pour diviser n’a pas de sens. Assurez-vous qu’une demande existe pour les typologies de logements que vous allez créer. Trois studios dans un quartier familial éloigné du centre ne trouveront peut-être pas preneur rapidement.
Analysez les annonces immobilières, les délais de vente moyens et les prix pratiqués dans votre secteur. Cette veille vous évitera de mauvaises surprises au moment de la commercialisation.
Sous-estimer les coûts
Les dépassements budgétaires sont fréquents dans les projets de division, particulièrement à Marseille où le bâti ancien réserve des surprises. Provisionnez toujours une marge de sécurité et obtenez des devis détaillés avant de vous engager.
Les coûts cachés (raccordements, mise aux normes imprévues, taxes) peuvent grever votre rentabilité. Un accompagnement par un professionnel expérimenté limite ces risques.
Oublier la qualité au profit de la quantité
Créer le maximum de lots n’est pas toujours la meilleure stratégie. Des logements trop petits ou mal agencés se vendront difficilement. Privilégiez des surfaces cohérentes avec une bonne fonctionnalité : un vrai T2 de 40m² se valorisera mieux que deux studios de 20m² inconfortables.
Soignez les finitions et les prestations. Sur le marché marseillais concurrentiel, la qualité fait la différence et accélère les ventes.
Conclusion
La division immobilière à Marseille représente une opportunité de valorisation considérable pour les propriétaires de biens sous-exploités. Cette opération complexe nécessite une préparation minutieuse, une bonne connaissance de la réglementation locale et un pilotage rigoureux.
En respectant les étapes décrites dans ce guide, en vous entourant de professionnels compétents et en réalisant une analyse financière solide, vous maximiserez vos chances de succès. Le marché marseillais, dynamique et en constante évolution, offre un terrain favorable à ces opérations de transformation immobilière.
Si vous possédez une grande maison ou un immeuble à Marseille, Aix ou Aubagne et souhaitez étudier son potentiel de division, des spécialistes comme Divisio peuvent vous accompagner de l’étude de faisabilité jusqu’à la commercialisation.


